Les familles se préparent déjà à se protéger

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La tension autour de la prochaine élection présidentielle monte. Cela à cause de l’exclusion de certains leaders et non des moindres. L’ancien président Laurent Gbagbo, leader du PPA CI, Tidiane Thiam, président du PDCI (…). Et de certains griefs formulés contre la CEI. Pour voir leurs revendications prendre forme, l’opposition a annoncé des marches de protestation à travers le pays. Cela a déjà commencé avec le PDCI. Une décision vue par le régime RHDP au pouvoir comme une provocation, une volonté des opposants de semer le trouble et le désordre. Dans un article paru dans le quotidien « L’inter » du jeudi 18 juin 2025, le porte-parole du RHDP, le ministre d’Etat Kobena Kouassi Adjoumouni a mis en garde disant que «

Un forcing… cela ne marchera pas ». Sur les réseaux sociaux, des personnes se disant sympathisants du parti au pouvoir menacent d’user de violence pour freiner l’action des opposants. Un antagonisme qui fait craindre le pire, une situation semblable peut être pire que celle que les Ivoiriens ont vécu en 2010-2011. Surtout que chaque camp continue de camper sur sa position au point où la paix autrefois seconde religion est gravement menacée. D’ailleurs, pour se préserver contre une éventuelle crise politique aux conséquences imprévisibles, certaines personnes, ayant suffisamment de moyens financiers se préparent si ce n’est déjà fait à sortir leur

famille du pays pour, apprend- t-on, les mettre en sécurité. Ils sont nombreux les personnes avec un peu plus de moyens qui ont décidé de mettre leurs familles à l’abri, en Europe, au Canada, au Maroc, aux USA, au Ghana, en Guinée (…). Ceux qui sont sans grands moyens, envisageraient pour d’autres d’amener leur famille en dehors d’Abidjan ou dans des villes ou villages de l’inté- rieur du pays pour les vacances. Cette peur bleue avant la présidentielle d’octobre prochain laisse entrevoir un ciel sombre dans un pays où les acteurs politiques sont d’accord sur leur désaccord.

Les rencontres de ces dernières semaines des délégations de l’Onu, de l’Union Africaine, de l’Union Européenne avec la classe politique ivoirienne, question d’avoir des élections apaisées, inclusives et harmoniser les positions montrent les préoccupations de la communauté internationale de calmer le jeu et amener chacun à des élections apaisées, inclusives. « Nous sommes là pour aider », avait déjà prévenu les envoyés de l’Union africaine aux Ivoiriens. La réaction du porte-parole adjoint du RHDP, le ministre Touré Mamadou après la rencontre avec le parti au pouvoir, « l’UE n’entend pas s’ingérer dans les élections en Côte d’Ivoire », n’est-elle pas une façon de dire que les propositions venant de la communauté internationale ne feront pas fléchir ? Souhaitons que les acteurs politiques et leurs militants, chacun mette balle à terre pour la paix dans le pays.

LARBA SEKOU